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D'où la nécessité d'avoir une nouvelle majorité à l'assemblée...

Avec une dizaine de députés (c'est peu) les communistes font la démonstration en maintes occasions qu'il est possible de traduire ce que pense 70 % des français. Il n'y a pas meilleure démonstration que l'on peut minoritaire (injustement) et cependant défendre la majorité de la population.

Même si évidemment cette dernière est diverses politiquement.

Un parti politique peut, malgré ses faibles scores électoraux, non seulement donner une image d'opposant résolu mais agir efficacement pour contrer les mauvais coups d'une majorité qui va à l'encontre des espérances populaires.

Cela évidemment ne peut-être suffisant pour transformer la société mais ce peut-être un début en dépit des manipulations médiatiques qui ne manquent pas. On le voit concernant la stigmatisation des manifestants dont, comme il fallait s'y attendre le pouvoir, la droite et l'extrême droite usent pour empêcher que ne se développe un puissant mouvement les obligeant à reculer notamment sur la loi travail.

Hollande fait son numéro d'équilibriste à un an de la présidentielle et c'est un déferlement de reportages, réunions et déclarations de ministres pour laisser entendre que la situation économique et sociale s'améliore.

Les communistes ne sont plus seuls à dénoncer toutes ces manœuvres mais il doit, dans la perspective du rassemblement qui pourrait se faire pour la Présidentielle, affirmer ses propositions et appeler la population à une prise de conscience des enjeux et du rôle majeur qu'elle peut avoir aujourd'hui dans l'action, demain par son retour au vote communiste !

Des députés présentent une vraie « loi travail »

Hier à l’Assemblée nationale, avant l’ouverture du débat sur la loi El Khomri, une vingtaine de députés de gauche ont présenté une proposition de loi différente, qui place le citoyen au centre.

Le décalage est saisissant. Le texte de la proposition de loi intitulé « Protéger et équilibrer le temps de travail », présenté, hier en début d’après-midi, à l’Assemblée nationale, par des députés (1) de plusieurs formations de gauche (écologistes, communistes, socialistes) se situe dans un tout autre raisonnement à la fois économique et humain que le projet de loi défendu en séance par la ministre Myriam El Khomri.

« Nous pensons différemment, et nous nous retrouvons, issus de formations différentes, dans le texte élaboré par le groupe d’universitaires GR-Pact, pour Groupe de recherche pour un autre Code du travail, qui travaille à l’université de Nanterre », explique l’écologiste Isabelle Attard.

Pour la députée, il faut notamment mettre l’accent sur « la réduction du temps de travail pour embaucher davantage, comme sur la nécessité de faire payer les heures supplémentaires à 25 puis 50 % de plus dans le même objectif, car il faut en finir avec cette flexibilité que l’on nous présente comme le Graal ». Ainsi, le document qui a vocation à être mis en discussion, comme le dit la députée Front de gauche Jacqueline Fraysse, « met en avant la notion de temps libre », lequel « peut être utile à la société à travers des engagements citoyens dans le monde militant, associatif, culturel… ».

Et pour le professeur Emmanuel Dockès, qui anime le GR-Pact, « il s’agit bien de nous situer en opposition à la régression humaine » du texte gouvernemental. Mais, ajoute-t-il, « nous ne sommes pas seulement des opposants, mais une vraie force de propositions ». Pour lui aussi, « il faudrait en finir avec une vie de plus en plus flexible qui fait que, selon (les) études (de son groupe), désormais 20 % des salariés ne savent pas d’un mois sur l’autre quel sera leur emploi du temps. Ce qui interdit toute organisation d’une vie en dehors du travail ».

Au passage, le groupe de chercheurs fait valoir que le Code du travail réécrit dans le document gouvernemental « aura enflé de 27 % », ce qui, on en conviendra, est une étrange façon de le rendre soi-disant plus léger… « En fait, disent-ils, seuls sont allégés les droits, pourtant déjà bien fragiles, des salariés. » « En vérité, le projet du gouvernement n’est qu’une transcription des politiques libérales contenues dans les directives européennes », complète le député du Morbihan Philippe Noguès, pour qui « il est salutaire de présenter des alternatives ».

Ce qu’approuve Jacqueline Fraysse, qui rappelle que « si (son) groupe revendique fortement le retrait de la loi El Khomri, cela (l’)appelle parallèlement à réfléchir sur les évolutions de la société ». Un point de vue défendu le matin même par le président du groupe Front de gauche, André Chassaigne : « Nous sommes soutenus dans nos actions parlementaires par les multiples mobilisations populaires qui refusent ce texte, et nous avons l’ambition d’être les passeurs de ces colères », a-t-il déclaré.

Le document « que l’on propose est à la fois collectif, logique et réfléchi », explique encore Isabelle Attard, pour qui « les 32 heures doivent revenir dans le débat ». Ce qui fait dire à Philippe Noguès qu’il « faut vraiment remettre le temps de travail dans le logiciel de la gauche ».

(1) Sont signataires du texte : des députés Front de gauche, François Asensi, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez, Nicolas Sansu, Jacqueline Fraysse ; des députés écologistes, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Sergio Coronado, Noël Mamère ; des députés socialistes, Fanélie Carrey-Conte, Pascal Cherki, Barbara Romagnan, Christophe Prémat ; et des non inscrits (ex-PS), Pouria Amirshahi, Philippe Noguès.

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