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Commémoration du 19 mars 1962 : se souvenir oui mais de tout !

Une date enfin reconnue officiellement et qui nous rappelle la fin des hostilités en Algérie. Toujours contestée par ceux qui, nostalgiques de l'Algérie Française, y voient la négation des évènements qui se sont déroulés après cette signature des accords d'Evian qui avait conduit le gouvernement de l'époque (présidé par De Gaulle) autour de la table de négociation avec les représentants du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne.

Qui peut nier les exactions qui ont suivi et ont conduit la grande majorité des "Pieds Noirs" à quitter l'Algérie, les harkis à subir une dure répression. On devrait tout autant condamner les tentatives parfois criminelles de l'OAS qui s'est livré à des attentats terroristes s'en prenant même au Chef de l'Etat.

Une chose est sure : des femmes et des hommes militaires et civils, ont souffert de cette guerre qui n'était autre chose qu'une guerre coloniale car l'Algérie avait été bel et bien conquise au nom de la construction d'un empire colonial, en parallèle avec les interventions d'autres puissances occidentales : Angleterre, Allemagne notamment et dont les disputes de ces territoires furent à l'origine de la première guerre mondiale.

Les guerres ont toujours un fondement économique et dans des sociétés de classe, elles sont l'ultime recours des classes dominantes dont les appétits en territoires, en richesses des sols, en force de travail conduisent à la violence exercée sur des peuples qui eux n'aspirent qu'à la paix.

Quand le malheur les a frappés avec des soldats tués, des population déplacées, on use et on abuse avec eux de la notion de défense de la patrie, comme si tout le monde avait été engagé dans un conflit patriotique. L'émotion souvent l'emporte au détriment d'une véritable analyse des conflits d'intérêts coupables de bien de souffrances et qu'il faut oser reconnaître pour que cela ne se renouvelle pas.

Les pieds noirs français, pas plus que les français sur le territoire national n'avaient "besoin" de cette guerre. Elle aurait pu être évitée et ainsi permettre une coopération durable et forte entre deux pays qui y ont un intérêt majeur.

Comment, avec les dangers encourus de nos jours, pour les mêmes raisons de domination ou d'influence sur des territoires disposant de richesses, peut on admettre des interventions militaires prenant parti pour des régimes au détriment d'autres, faire des choix, éliminer des dirigeants en place, tenter de les remplacer ou de les maintenir, au prétexte hypocrite de respect des droits de l'homme, de la démocratie, etc.

Peut on envisager encore de rentrer dans ces processus à contre courant de l'histoire qui finissent par des commémorations où l'on célèbre les victimes et l'on oublie toujours les fauteurs de guerre, quel que soit le camp, en règle générale (sauf exception dans certaines luttes de libération nationale ou révolutions)

On ne peut qu'espérer que les jeunes, généralement absent à ces commémorations, sauront éviter le piège.

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