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Et viva Espana

Ne nous emballons pas ! Toutes ces coalitions qui émergent en Grèce et en Espagne sont le signe d'un ras le bol mais aussi de ce qu'il faut craindre : une récupération par des forces hétéroclites sur les origines desquelles il faut s'interroger ? Quelles en sont le composantes sociologiques et idéologiques, quels programmes et quelles stratégies proposent-elles, vers quelles alliances iront elles !

Leur mérite est de rassembler mais en se distinguant de la vraie gauche révolutionnaire ce qui ne peut que satisfaire une bourgeoisie qui rêve de maintenir cette dernière dans un isolement calculé. Une gauche dont cependant les analyses et principes d'action n'ont pas vieilli et restent encore en prise avec la réalité. Généralement incarnée en l'occurrence par les Partis Communistes !

Depuis bientôt un quart de siècle chaque nouvelle génération est assujettie à cette récupération électorale mais qui peut aller au delà (manifestations de masse entre autres) qui prend des formes dont le système capitaliste peut n'avoir pas grand chose à craindre : la social démocratie a, de ce point de vue, eu sa part dans cette récupération depuis les années 80 tout comme le mouvements écologistes ou encore les pseudos centristes (de droite). Et, osons le dire, l'extrême droite a aussi son morceau du gâteau électoral au détriment du courant idéologique socialiste notamment même si les partis l'incarnant s'en défendent.

Les systèmes électoraux rendent à chaque époque ces nouveaux venus dépendant de la classe dominante et donc leur accès au pouvoir d'état n'est toléré que s'il ne met pas fondamentalement en cause la toute puissance des multinationales et des mécanismes financiers mis en place à l'échelle mondiale pour déplacer les investissements la où les taux de profits sont les plus élevés.

Cela ne fait qu'accroitre la contradiction capital/travail à tous les niveaux mais ne développe pas pour autant, bien au contraire, la conscience des classes exploitées, y compris la classe ouvrière, manipulée au même titre que des couches moyennes (à statut libéral ou de salariat) et un sous-prolétariat plongé dans la précarité et le chômage.

Si cette classe ouvrière ne retrouve pas l'expression politique de ses intérêts économiques, elle verra ses conditions sociales s'aggraver mais également celles de toutes les couches intéressées économiquement par son émancipation. Ce phénomène, délétère pour les peuples, peut avoir des conséquences désastreuses notamment le développement des nationalismes qui ne correspondent plus à l'état actuel de développement des forces productives planétarisées (hommes, techniques de productions et de commercialisations)

Il s'ensuit de ce constat que s'impose un changement radical des rapports sociaux, le passage d'un système de propriété privée des moyens de production, d'échange, de financements, à des formes d'appropriation collective. qu'il faut établir à tous les niveaux - avec ce que cela suppose d'extension de liberté et de démocratie - et d'organisation à tous les échelons du local à l'international et au mondial, en recherchant des planifications sociales et économiques.

Il est illusoire de croire que cela sera possible sans l'existence de partis révolutionnaires rassemblant massivement les travailleurs sur une base de classe en y intégrant toutes les potentialités intellectuelles. Cela n'exclut pas, mais au contraire conforte les possibilités d'alliance et de rassemblement sans lesquelles, hors certains contextes de crise aigue, toute avancée deviendrait irréalisable.

Mais de grâce, ne mettons pas la charrue avant les bœufs !

 

Espagne : les partis issus des mouvements citoyens vainqueur à Madrid et Barcelone Dimanche, 24 Mai, 2015

 

Espagne Le leader de Podemos Pablo Iglesias (G) à côté de Teresa Rodriguez, la candidate du parti en Andalousie, lors du meeting de fin de campagne à Dos Hermanas, près de Seville, le 20 mars 2015. Les élections municipales et régionales confirment une percée des nouvelles forces politiques Podemos et Ciudadanos

Les Espagnols ont sanctionné le Parti populaire (PP) au pouvoir lors des élections régionales et municipales de dimanche, selon des résultats portant sur 80% des voix, le chef du gouvernement Mariano Rajoy payant le prix de quatre années de politique d'austérité et de scandales de corruption.

Si le PP arrive en tête du scrutin, juste devant les socialistes du PSOE, selon des résultats encore provisoires, il réalise cependant son pire score depuis 1991 et est en passe de perdre la majorité dans la plupart des régions qu'il contrôlait et peut-être la mairie de Madrid.

Les partis issus de mouvements citoyens, la gauche radicale anti-austérité de Podemos ("Nous pouvons") et les centristes anti-corruption de Ciudadanos ("Citoyens"), réalisent la percée attendue, confirmant la fragmentation de l'électorat après des décennies de contrôle du pouvoir par le PP et le PSOE. "C'est une correction pour le PP. Le facteur 'peur' n'a pas joué et les électeurs ont voté pour Podemos et Ciudadanos", a commenté José Pablo Ferrandiz de l'institut de sondage Metroscopia.

En concentrant pas loin du tiers des voix, les nouvelles forces politiques mettent de facto fin au bipartisme qui a organisé la vie politique espagnole depuis la fin du franquisme et le rétablissement de la démocratie il y a 40 ans.

Au terme d'un scrutin qui donne un avant-goût des élections législatives de novembre prochain, les différents partis vont devoir entamer une délicate période de tractations et de compromis pour former des coalitions dans 13 des 17 régions appelées aux urnes dimanche.

Le PP en contrôlait jusqu'alors 10. D'après les résultats partiels, le PP devrait notamment perdre sa majorité absolue dans les Comunidad (régions) de Madrid et Valence et pourrait même y être poussé dans l'opposition par la constitution de coalitions de gauche, une situation qu'il n'a plus connu depuis 20 ans.

La situation est similaire pour la mairie de Madrid, un bastion conservateur depuis 1991 que le PP, bien qu'arrivé en tête du scrutin, pourrait perdre au profit de l'alliance de gauche "Ahora Madrid" (Maintenant Madrid), menée par l'ex-juge Manuela Carmena et soutenue par Podemos.

A Barcelone, une autre alliance de gauche dirigée par Ada Colau, fondatrice de la Plate-forme des victimes d'hypothèques qui milite contre les expulsions immobilières, et soutenue là-aussi par Podemos, l'a emporté face aux partisans de l'indépendance de la Catalogne, ce qui constituerait un coup dur pour le mouvement séparatiste.

En Espagne, le chômage frappe encore 24% de la population active et les scandales de corruption à répétition qui visent tant le PP que le Parti socialiste ouvrier (PSOE) favorisent l'émergence des nouvelles formations. "C'est la première fois depuis des décennies que les électeurs auront véritablement la possibilité de changer les choses. Pas seulement changer de gouvernement, mais changer notre démocratie", avait souligné avant le vote de dimanche Carolina Punset, qui a dirigé la campagne de Ciudadanos dans la région de Valence.

Initialement basée en Catalogne, cette formation centriste a émergé sur le plan national. En multipliant par dix le nombre de ses adhérents, à 22.000, et comptant une centaine de milliers de sympathisants, le parti d'Albert Rivera ne ressemble plus guère à la petite formation qu'il était à sa création, il y a neuf ans. Podemos, le parti de la gauche radicale issu du mouvement des Indignés de la Puerta del Sol, en 2011, s'est également installé dans la classe politique, après avoir réuni 8% des voix lors des élections européennes d'il y a un an, deux mois seulement après sa création.

La fragmentation du paysage politique risque d'entraîner des situations de blocage comme cela est le cas en Andalousie depuis les élections du mois de mars. Au pouvoir depuis 32 ans dans cette province du sud de l'Espagne, le PSOE reste la première force politique mais avec 47 sièges sur les 109 que compte l'assemblée régionale il ne peut gouverneur seul. Le PP, après de lourdes pertes, se retrouve avec 33 sièges. Podemos est troisième avec 15 sièges, suivi par Ciudadanos (9 élus). Susana Diaz, chef de file régionale du PSOE, a indiqué lors d'une récente interview qu'elle pourrait opter pour l'organisation d'un nouveau scrutin et a souligné qu'en Andalousie comme à l'échelle nationale, le paysage politique espagnol tournait au "chaos".

 

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