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Liberté de création et d'expression et moyens

Ce qui peut le plus retenir l'attention dans le triste évènement que constitue l'abominable assassinat de ces journalistes, artistes, est sans doute leur opiniâtreté à défendre la cause de la liberté d'expression dans leur parcours de vie. Et cela en l'absence de grands moyens si ce n'est leur talent.

Et le soutien d'un public qui va au delà des simples lecteurs de leur journal ou des journaux qui les ont, comment dire, "utilisés", "fait travailler" parce que par delà les lignes rédactionnelles existe une demande d'expression humoristique de l'actualité, plus particulièrement dans le domaine politique.

Chacun, les titres de la grande presse comme eux-mêmes, pouvait y trouver son compte malgré les compromis nécessaires des deux côtés : les rédactions et les dessinateurs. Sans pour autant renier leurs convictions.

On comprend malgré cela qu'ils aient éprouvé le besoin de se regrouper pour réaliser un journal où ils puissent .être plus eux-mêmes, plus libre et sans contrainte aucune, libres de livrer spontanément un point de vue, un message qui tient à cœur. D'autres assurément animés des mêmes besoins vont poursuivre dans ce sens et faire apparaître de nouveaux talents.

Mais cette liberté a des coûts, toujours les mêmes pour qui exprime une opinion, un sentiment, fut-ce imprégné de colère ou de sereine conviction : un coût moral, celui de ne pas faire de mal ou se faire mal et un coût financier qui dépend surtout de celui qui achète l'œuvre, la création.

Donc deux risques à prendre dans une société qui vous en préserve que si vous acceptez la soumission, le renoncement, au mieux la compromission.

Les artistes, les journalistes, les écrivains et combien d'autres "professionnels" de la création (qui n'est pas qu'intellectuelle) ne peuvent s'épanouir hors cette forme de "marginalisation" qui peut se payer cher.

A quand une société qui libèrera les initiatives non basées sur une position d'exploiteur ou d'exploité ?

Rimbaud et d'autres génies y ont prématurément laissé leur peau dans une quasi misère matérielle. D'autres ont connu la célébrité et le confort durant leur vie. Ceux qui viennent de périr victime de la haine, de l'imbécilité, nous ont fait la démonstration qu'ils sont morts dans avec une grande et inestimable richesse : le soutien populaire. Celui de certaines "élites" étant plutôt insultant pour leur mémoire.

Mais ce soutien populaire qui est extraordinaire doit perdurer. La presse qui, à sa façon, exprime des convictions, une volonté partagée d'aboutir à des meilleurs rapports sociaux en a besoin. Alors pas de feu de paille dans l'appui à Charlie Hebdo en espérant cependant que d'autres journaux connaitront aussi quelque soutien lumineux.

Je pense évidemment à LA MARSEILLAISE et à l'HUMANITE

PENSEZ A LIRE DES JOURNAUX MENACES PARCE QUE EXPRIMANT DES CONVICTIONS, METTANT EN CAUSE TOUT UN SYSTEME ECONOMIQUE ET SOCIAL QU'IL FAUT TRANSFORMER :

LA MARSEILLAISE DANS LE SUD ET l'HUMANITE DONT NOUS REPRODUISONS CHAQUE JOUR UN TEXTE ICI MEME.

Marie-George Buffet : pour l'amendement Charb

Mercredi, 14 Janvier, 2015

L'Humanité.fr

Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis a interpellé aujourd'hui le Premier ministre pour que l'amendement Charb, sur les moyens attribués à la presse d’opinion, soit retranscrit dans la loi. Nous publions son intervention

Monsieur le Premier Ministre,

Liberté !

Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J’écris ton nom….écrivait Paul Eluard.

Sur tous les pavés, dans toute la France, des millions de femmes et d’hommes ont aussi écrit son nom…

Cette liberté, par et pour laquelle, notre République s’est construite. Cette liberté, dont la liberté d’expression est une clé fondamentale.

Mercredi dernier, à Charlie-hebdo, cette liberté a été martyrisée, assassinée. Mais elle n’a pas été vaincue.

Aujourd’hui, Charlie hebdo est dans les kiosques de France et du monde. De ce magnifique acte de résistance, la représentation nationale doit être garante. Charlie doit paraître mercredi prochain, et tous les mercredi suivant. Charlie ne peut mourir faute de moyens !

Aucun d’entre nous ne peut accepter sans réagir la disparition d’un journal.

Le drame que notre Nation vient de vivre, nous rappelle que la liberté de chacun, de chacune, dépend pour une belle part, d’une presse pluraliste.

Un pluralisme, qui repose sur le travail des journalistes dont la Nation doit assurer la protection, et le secret de leurs sources.

Monsieur le premier Ministre, une loi sur la presse est actuellement en débat.

Ce serait l’honneur de notre Parlement d’en élever l’ambition et la portée.

A la Libération, nos aînés, conscients de l'enjeu, avaient légiféré, pour libérer la presse de la pression du marché.

Les principes de solidarité et de coopération au service du bien commun et de la démocratie fondés par cette loi sont toujours d’actualité. Il y a urgence d’agir, de nombreux titres sont en danger. Cela appelle des réponses d’ampleur.

Charb nous le rappelait en nous proposant un amendement sur les moyens attribués à la presse d’opinion.

Alors, Monsieur le premier Ministre, cet amendement va-t-on le transcrire dans la loi, cela serait un geste fort pour que le pluralisme perdure et que de nouveaux journaux porteurs de confrontations d'idées voient le jour !

Marie-George Buffet

Assemblée Nationale- 14 janvier 2015

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