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Retraités : résister plus que jamais

Je m'en veux souvent de toujours râler dans une société qui, je le sais, n'est pas la plus mauvaise du monde ! Mais justement parce que la France, terre de luttes politiques et sociales particulièrement depuis sa révolution de 1789, manifeste épisodiquement ses colères contre les injustices et, quoiqu'on en dise, ne lâche pas les acquis de son peuple aussi facilement que cela, il ne faut pas faillir à cette "tradition".

Les français supportent mal l'injustice sociale et les petits combinards qui les gouvernent n'ont pas la tâche aussi facile qu'on pourrait le croire pour grignoter ce qu'il reste d'avancées sociales. Quels qu'ils soient, hier de droite, aujourd'hui d'un faction de gauche édulcorée par le libéralisme.

Oh je ne dis pas, et ceux qui me lisent ont pu le constater que ces français sont exemplaires dans leur résistance. Même lorsque celle-ci fut glorieuse, elle ne le fut pas pour tout le monde. Mais cela ne date pas d'aujourd'hui.

Comme dans les sept mercenaires (j'adore le western) ils ont leurs peureux, leurs soumis, qu'il faut bien se garder de mépriser car ces derniers portent, comme le démontre le film, la responsabilité des êtres chers qui les entourent. Ils ont aussi leurs téméraires, ceux qui prennent des risques dans l'abnégation ou dans un calcul intéressé mais qui résistent.

Ils ont leur jeunesse qui contrairement à ce que l'on peut croire n'a pas la révolte homogène et encore moins l'idée de la révolution, mais est issue d'une réalité qui ne lui échappe pas parce qu'elle en subit les conséquences et que cela trouble ses perspectives d'avenir. Une jeunesse qui n'échappe pas non plus à l'influence de ses origines de classe et catégorielles.

Et les retraités dans tout ça ? J'avoue que parfois ils me déçoivent car disposant du temps, d'expériences de luttes, certes plus ou moins acceptées mais auxquelles ils ont participé. Prisonniers d'un système qui insidieusement les marginalise, fait peser sur eux le temps d'une inutilité que l'âge leur imposerait, ils se laissent piéger par cette société qui préfère les divertir ou les rendre moroses, les assister même, que de les hisser au statut d'hommes et de femmes remplissant certaines conditions pour avoir la parole plus libre forte d'un vécu souvent riche et à transmettre. "

Plus je vieillis, plus je crois que ce qui ne s'évanouit pas, ce sont les rêves" (Cocteau). Le poète a encore raison !

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